Trois générations : œuvres issues de la collection de la Fondation Emanuel Hoffmann

Alighiero Boetti, Richard Long, Duane Michals, Bruce Nauman, Rosemarie Trockel, Cy Twombly

La Tour
Galerie Est, Rez-de-boulevard
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Nombre des artistes contemporains soutenus par LUMA, et qui continuent
de l’être, ont une pratique qui s’inscrit dans la généalogie des artistes radicaux d’avant-garde des années 1960, 1970, 1980 et 1990.

La collection de la Fondation Emanuel Hoffmann est l’une des plus importantes collections d’œuvres des avant-gardes européennes et occidentales au monde. Jeune, Maja Hoffmann a fait l’expérience des œuvres et de l’art à travers cette collection, pour s’ouvrir par la suite aux territoires les plus contemporains de la création. En présentant une sélection unique d’œuvres de Bruce Nauman, Richard Long, Duane Michals, Cy Twombly et Rosemarie Trockel, cette galerie met en évidence les liens entre des artistes de différentes générations. Lors de la préparation du programme et des discussions avec les artistes, il est apparu que, pour beaucoup, la découverte des œuvres de la collection de la Fondation Emanuel Hoffmann a joué un rôle déterminant. Une importance qui se fait ici manifeste, révéle les liens entre les générations et aborde aussi la relation à l’art de Maja Hoffmann, sa trajectoire personnelle et la collection de la famille.

Biographies des artistes

Alighiero Boetti

Alighiero Boetti, artiste italien né à Turin, en 1940, est une figure du mouvement Arte Povera. Il ne reçoit pas d’éducation artistique au sens académique du terme, mais se passionne très tôt pour l’art et abandonne ses études de commerce pour s’y consacrer. En 1971, lors d’un voyage en Afghanistan, l’artiste a été initié à l’artisanat traditionnel de la broderie — un tournant dans sa carrière. La préoccupation de l’artiste pour la relation entre « ordre » et « désordre » se manifeste dans ses structures en grille, sortes de « carrés magiques », qui présentent des dictons et des aphorismes issus de divers contextes culturels, philosophiques, mathématiques et linguistiques. Après avoir été montré à Milan et Turin, l’œuvre de Boetti a fait l’objet d’une exposition personnelle à New York, à la galerie John Weber, en 1973. Il a continué à exposer dans toute l’Italie et aux États-Unis jusqu’à sa mort prématurée en 1994. Il a été honoré, à titre posthume, par plusieurs expositions de grande envergure.

Richard Long

Reconnu comme l’un des artistes les plus influents de sa génération, Richard Long a produit des œuvres qui déploient les possibilités de la sculpture par-delà les méthodes et les matériaux traditionnels. La marche est au cœur de l’œuvre de Long. Depuis le milieu des années 1960, il se livre à d’innombrables promenades à travers le monde, du Sahara à l’Australie en passant par l’Islande et, chez lui, à Bristol, au Royaume-Uni.
La marche allie l’endurance physique aux concepts d’ordre, d’action et d’idée. D’elle naît l’idée et le matériau de ses œuvres. Les sculptures de Long s’apparentent en général à des formes géométriques — cercles, lignes, ellipses et spirales — et se composent souvent de minéraux indigènes, ou à leur emplacement, ou à la campagne britannique, que Long parcourt à pied. Il se procure également de la boue et de la terre lors de ses expéditions pour les utiliser dans des peintures performatives réalisées sur toile ou directement sur un mur.

Richard Long est né en 1945, à Bristol, où il étudié à l’université de l’Ouest de l’Angleterre avant d’intégrer la Central Saint Martins School of Art and Design de Londres en 1966. Long a représenté la Grande-Bretagne au pavillon britannique de la Biennale de Venise en 1976 et reçu le prix Turner en 1989. L’œuvre de Long a fait l’objet d’expositions personnelles dans de grands musées et institutions du monde entier, dont le musée De Pont à Tilburg aux Pays-Bas, le musée d’Art moderne de San Francisco, la Galerie nationale d’Écosse à Édimbourg, le musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice et la Tate Modern de Londres.

En 1990, il est nommé au grade de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. En 2009, il est lauréat du Praemium Imperiale pour la sculpture, couronnement suprême d’une carrière artistique. Les œuvres de Long font partie des collections privées et publiques les plus prestigieuses au monde, parmi lesquelles celles de la Tate à Londres, du Museum of Modern Art à New York, de la Galerie nationale du Canada à Ottawa et du musée d’Art moderne de Paris.

Duane Michals

Duane Michals (né en 1932, à McKeesport, en Pennsylvanie), l’un des photographes les plus innovateurs du siècle dernier, est très connu pour ses séries à exposition multiple accompagnées de texte. C’est dans les années 1960 que Michals fait ses premiers pas significatifs et créatifs dans le domaine de la photographie.

À une époque fortement influencée par le photojournalisme, Michals manipule le médium pour transmettre des récits. Ses séquences, qui l’ont fait connaître dans le monde entier, s’approprient le format image par image du cinéma. Michals a également fait du texte un élément clef de son œuvre. Plutôt que de servir une fonction didactique ou explicative, le texte manuscrit confère une dimension neuve au sens des images et donne une voix aux réflexions singulières de Michals, tout à la fois poétiques, tragiques et pleines d’humour.

Les œuvres de Michals figurent dans de nombreuses collections permanentes
du monde entier, notamment au Musée d’Israël à Jérusalem, au J. Paul Getty Museum à Los Angeles, au Metropolitan Museum of Art à New York, au Moderna museet à Stockholm, au Museum of Modern Art à New York, au musée national d’Art moderne de Kyoto, et au Philadelphia Museum of Art. Les archives de Michals sont conservées au Carnegie Museum of Art de Pittsburgh.

Michals a obtenu une licence de l’université de Denver en 1953 et travaillé comme graphiste, jusqu’à se passionner pour de bon pour la photographie à la fin des années 1950.

Bruce Nauman

Depuis les années 1960, l’approche interdisciplinaire radicale de Bruce Nauman défie les conventions en élaborant des méthodologies nouvelles pour créer de l’art et du sens. Son dévouement ascétique et rigoureux aux dichotomies existentielles — vie/ mort, amour/ haine, plaisir/ douleur — se manifeste à travers la performance, la vidéo, l’holographie, l’installation, la sculpture et le dessin. Depuis les attitudes et les formes de son travail post-minimaliste et conceptuel, jusqu’à ses installations sonores les plus récentes, se dessinent des idées et des thèmes récurrents : l’utilisation du corps comme matériau, la relation entre image et langage, l’art et le spectateur, et l’interaction génératrice d’espace positif et négatif.

Bruce Nauman est né en 1941, à Fort Wayne, en Indiana. Il a obtenu un baccalauréat ès sciences en 1964 à l’université du Wisconsin à Madison et une maîtrise en beaux-arts en 1966 de l’université de Californie à Davis. De 1966 à 1968, il a enseigné au San Francisco Art Institute en Californie et, en 1970, à l’université de Californie à Irvine.

Son œuvre a été essentiellement exposée aux États-Unis, en Australie et en Europe : au Bündner Kunstmuseum, à Chur (2005) ; au Milwaukee Art Museum (USA, 2006) ; au musée d’art d’Indianapolis, au Museum of Contemporary Art de Floride, à la Henry Art Gallery de l’université de Washington, à Seattle, au musée d’art contemporain de San Diego, en Californie (USA, 2008) ; au musée d’art contemporain de Montréal au Canada ; au Centre australien d’art contemporain, à Melbourne ; à la Queensland Art Gallery, en Australie (2008) ; à la Tate Liverpool, en Angleterre (2006) ; au musée d’art contemporain Donnaregina, à Naples (2006) ; au Berkeley Art Museum & Pacific Film Archive de l’université de Californie (2007) ; au musée d’art contemporain du château de Rivoli, en Italie ; à la Menil Collection, à Houston ; au centre d’art la Panera, en Colombie (2008) ; au Museu de Arte Contemporanea de Porto au Portugal (2008) ; au centre d’art contemporain d’Ujazdowski, en Pologne (2009) ; au Philadelphia Museum of Art, USA (2009) ; au musée d’art contemporain de Saint-Louis, USA (2009) ; au Center for Contemporary Art, au Japon (2010) ; au musée d’art contemporain de Lyon (2010) ; au MoMA, à New York (2010) ; au Hamburger Bahnhof,Museum für Gegenwart, à Berlin (2010) ; au Neues Museum Weserburg Bremen, en Allemagne (2010) ; à l’Institut d’art contemporain de Londres (2012) ; au musée des Beaux-Arts de Göteborg, en Suède (2013) ; à l’Institut valencien d’art moderne, en Espagne (2015) ; à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris (2015) ; au parc de sculptures Waldfrieden, en Allemagne (2015). Une récente monographie lui a été consacré à Venise, à la Punta della Dogana (2021).

Rosemarie Trockel

Rosemarie Trockel (née le 13 novembre 1952) est une artiste conceptuelle allemande. Elle manie dessin, peinture, sculpture, vidéo et installation et travaille sur des supports mixtes. Dès 1985, elle réalise des tableaux à l’aide de machines à tricoter. Elle est professeure à l’académie des beaux-arts de Düsseldorf, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Cy Twombly

L’artiste américain Cy Twombly, né en 1928 à Lexington en Virginie, a étudié l’art à Boston et à New York, puis au Black Mountain College, au début des années 1950. Twombly a mis au point un vocabulaire gestuel dans lequel chaque ligne, chaque couleur s’imprègne d’énergie, de spiritualité et de signification. Devenu une figure marquante au milieu des années 1950, après de nombreux voyages en Europe et en Afrique du Nord, il a produit des œuvres à la fois personnelles et mythologiques, permettant aux récits, au langage et aux visions intérieures de jaillir de ses notations intimes et abstraites.

Quoique contemporaine de celles de Robert Rauschenberg et de Jasper Johns, son œuvre s’éloigne des visées de l’abstraction américaine d’après-guerre. Si les courants de l’époque, à l’instar du pop art, cherchent à abandonner les récits historiques, Twombly, lui, s’oriente vers les traditions poétiques anciennes, classiques et modernes. À la fin des années 1950, il s’installe en Italie, où il crée des œuvres colorées et schématiques, contenant des allusions érotiques, pleines d’humour, tout en conservant une charge abstraite. Peu après, les couleurs cèdent la place aux gris et aux bleus plus austères, dans lesquelles des gribouillis et de laconiques boucles blanches rappellent les effets poudreux de la craie. Les lieux, les paysages et les formes naturelles occupent une place de choix dans ses dessins, collages, photographies et aquarelles.

Pour Twombly, le poétique et le rationnel ne s’excluent pas. Le collage, qui l’attire en 1959, et auquel il revient, de façon plus régulière, dès 1971, allie Twombly aux dadaïstes et à leurs descendants, comme Rauschenberg et Johns. Les informations visuelles de la vie quotidienne — cartes postales de voyage, reproductions de peintures, illustrations scientifiques, dessins personnels, etc. — font leur apparition dans son travail. Dès l’université, Twombly photographie son quotidien. Il archive les paysages de Virginie et les côtes italiennes, des détails de sculptures et d’édifices anciens, des intérieurs d’atelier, et des natures mortes d’objets et de fleurs. Au début des années 1990, il utilise des photocopieuses afin d’agrandir ses polaroïds sur du papier mat, ce qui donne lieu à des distorsions se rapprochant des qualités intemporelles de ses peintures et sculptures.

En 1995, la Cy Twombly Gallery ouvre ses portes en face de la Menil Collection, à Houston. Fruit d’une collaboration entre la Menil, la Dia Foundation et Twombly lui-même, la galerie accueille en permanence un certain nombre d’œuvres importantes réalisées entre 1953 et 2004. En 2010, Twombly est choisi pour l’installation d’une œuvre permanente au Louvre : un plafond peint pour la salle des Bronzes antiques, sur plus de 350 mètres carrés et rend hommage aux plus grands sculp- teurs helléniques, de Phidias à Praxitèle.

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