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Regina Silveira

Regina Silveira (1939, Porto Alegre, Brésil) reçoit une première formation artistique à Porto Alegre, au Brésil, et à Madrid, en Espagne, mais c’est à Porto Rico qu’elle affine les exercices qui définissent le cœur même de son œuvre. Invitée à implanter un modèle d’enseignement expérimental à l’université de Porto Rico, Silveira teste intensivement les techniques graphiques de reproduction de l’image et vit dans un environnement qui débat de l’art comme d’un territoire propice à la circulation des images, des discours et des systèmes idéologiques de représentation. A son retour au Brésil en 1973, adepte des méthodologies contemporaines de création, Silveira poursuit son travail de professeure d’université à São Paulo, et, en tant qu’artiste, elle s’impose comme une chercheuse hors pair en spécificités des moyens techniques et des langages de l’art.

D’innombrables œuvres de Silveira remettent en cause les limites de la représentation et de la perception visuelle. À cette fin, l’artiste étudie la manière dont l’appareil optique traite ce que nous voyons et comment le dessin peut manipuler ces processus, les dilater, les déformer, les conduire à l’absurde. Les points de départ de ces exercices sont généralement des icônes facilement reconnaissables – escaliers, labyrinthes, ombres – transformées par des opérations de permutation et des insertions dans des images photographiques, dans des systèmes de représentation ou directement dans l’espace architectural.

Regina Silveira réalise Dilatáveis [Dilatables] dans le cadre de son doctorat à l’Escola de Comunicação e Artes de l’université de São Paulo, intitulé Simulacros [Simulacres]. Dans cette série, des photographies issues de tirages à large diffusion ont été reproduites avec un fort contraste, en ayant recours à l’héliographie – pratique perdue – dans sa version originale. En inaugurant l’usage de projections rendues difformes par l’exagération des variables de la perspective qui, au cours des décennies suivantes, allait devenir l’un de ses domaines d’expérimentation privilégiés, Silveira crée, à partir de ces figures, des ombres disproportionnées empreintes de connotations symboliques. L’artiste met l’accent sur le poids des signes iconiques de la vie politique et culturelle brésilienne de l’époque (quoique toujours bien vivants) et matérialise leur présence oppressante dans l’imaginaire national en soulignant le caractère menaçant qu’a pris la promesse du bonheur, du progrès et de l’ordre en devenant le slogan incontournable du régime dictatorial en vigueur au Brésil ces années-là. 

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