Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

L'Archive de Hans-Ulrich Obrist – Chapitre 1 : Édouard Glissant

Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

Édouard Glissant, Sylvie Séma-Glissant, Etel Adnan, agnès b., Julien Creuzet, Dominique Gonzalez-Foerster, Manthia Diawara, Julie Mehretu, Philippe Parreno, Asad Raza, The Otolith Group, Koo Jeong A

La Tour
Galerie du Cerisier
A partir du 

Voir plus

La première présentation de l’archive de Hans-Ulrich Obrist à LUMA Arles est consacrée au regretté Édouard Glissant (né en 1928 en Martinique, France - mort en 2011 à Paris, France), philosophe, poète et penseur engagé né en Martinique. S’appuyant sur les périodes de collaboration, d’amitié et de mentorat entre le philosophe et le faiseur d’expositions, cette présentation met en lumière une conviction qui leur était commune : la conversation et l’échange réciproque avec l’autre peuvent être des moyens pour produire de nouvelles réalités. Pour Glissant, un monde en transformation est un « Tout-Monde » qui écoute et apprend de chacune de ses voix uniques.

Réservez votre billet gratuit qui vous donnera accès à La Tour ainsi qu'à toutes les expositions situées dans les bâtiments historiques.

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

LUMA Arles (Arthur Fouray)

La rencontre de Obrist avec Glissant a influencé l’orientation de son travail pour les années à venir. Il a été initié à la pensée du philosophe par l’artiste Alighiero Boetti, qu’il a rencontré à dix-huit ans en 1986. Au cours de la seconde moitié des années 1990, il fit la connaissance de Glissant en compagnie de leur amie commune agnès b. Leur relation commença dans des cafés parisiens, et ces rencontres devinrent rapidement des événements réguliers. À cette même période, Obrist adopta un rituel quotidien de quinze minutes consacrées à la lecture des écrits du poète-philosophe, une coutume qu’il pratique toujours. Leur relation était mue par une spontanéité qui leur donna l’occasion de réaliser ensemble une douzaine de conversations publiques, d’entretiens et de documents imprimés. Ces projets les ont amenés à voyager ensemble en traversant des villes, continents et archipels.

La philosophie de la « Relation » de Glissant prend ses racines dans l’histoire et la géographie de l’archipel des Antilles. Grâce aux échanges constants d’une île à une autre, l’archipel a été le terreau de la créolisation, un processus de fusion continue qui ne provoque pas la perte de la diversité culturelle et linguistique, mais l’enrichit par des hybridations. Les langues créoles, issues du métissage et de l’osmose entre les langues vernaculaires, en sont le résultat le plus tangible. Alors que la pensée continentale, qui s’appuie sur des systèmes et revendique la suprématie de sa propre vision du monde, la pensée archipélique prend en compte et approfondit la diversité du monde. Glissant a très tôt saisi les dangers de la mondialisation, vecteur d’homogénéisation à l’origine de la disparition des diversités culturelles, linguistiques et écologiques, ainsi que des dangers liés aux contre-courants populistes face à la mondialisation, à savoir des nouvelles formes de nationalismes et de localismes qui refusent la solidarité. Pour résister à la globalisation sans nier la globalité, il a inventé la notion de « Mondialité » comme plaidoyer pour un dialogue mondial continu qui encourage tout autant le mélange des cultures et la célébration des identités locales. Les projets curatoriaux de Obrist sont directement inspirés de ce concept de Mondialité en tant que processus perpétuel de mise en relation.

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre © LUMA Arles (Arthur Fouray)

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

LUMA Arles (Arthur Fouray)

Le cœur de cette présentation est une collection de documents audiovisuels issus de l’Archive des Interviews de Obrist. Présentées pour la première fois, plus de six heures de vidéos d’entretiens publics et privés, diffusées sur huit stations de visionnage, permettent aux visiteurs d’écouter Glissant dialoguer, lire sa poésie à haute voix, former et façonner sa pensée et sa philosophie en parlant. Outre les vidéos, divers autres documents d’archives, tels que des livres dédicacés à Obrist par Glissant, sont présentés pour apporter un éclairage unique sur cette relation inspirante. La présentation expose également une série d’affiches réalisées par des artistes contemporains, qui étaient proches de Glissant ou qui se sentent liés à sa pensée. C’est à travers leur langage unique que les idées de Glissant trouvent un prolongement reflétant leur contemporanéité et leur urgence.

Tout au long de sa carrière, Obrist s’est attaché à rendre la pensée de Glissant accessible, le citant à chaque occasion et orchestrant de nombreux événements, expositions et publications lui étant consacrées. À l’occasion de son ouverture, LUMA Arles a le plaisir de dédier cette présentation à Glissant, dont la vision de l’institution artistique du XXIe siècle comme un archipel qui accueillerait des réseaux d’interrelations entre les personnes, les traditions et les disciplines, a inspiré le projet depuis sa conception. Glissant avait imaginé les institutions du futur comme des lieux de dialogue où les diverses parties du monde viendraient à la rencontre les unes des autres. Pour Glissant, ce qui importait était la production de la réalité, la transformation de théories et de poésies en engagements concrets pour faire face aux problèmes du présent. Son utopie était celle d’un lieu tremblant qui transcende les systèmes établis tout en se réinventant perpétuellement. Cette présentation entend donner une cohérence historique et artistique au rêve partagé par Glissant et Obrist d’un « point utopique où toutes les cultures du monde et toutes les imaginations du monde peuvent se rencontrer et s’entendre ».

« Le Tout-Monde tremble physiquement, géologiquement, mentalement, spirituellement, parce que le Tout-Monde cherche ce point, je ne dirais pas cette station, mais ce point utopique où toutes les cultures du monde, tous les imaginaires du monde, peuvent se rencontrer et s’entendre sans se disperser ni se perdre. »

Édouard Glissant, 2003, Utopia Station, Biennale de Venise
Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

LUMA Arles (Arthur Fouray)

Archives de Hans-Ulrich Obrist

L’archive de Hans-Ulrich Obrist (né le 21 mai 1968 à Zurich, Suisse) documente sa pratique curatoriale et conversationnelle. Depuis la fin des années 1980, le commissaire d’exposition d’origine suisse développe une pratique aux multiples facettes qui se forme, avant tout, au fil des interactions. Le propos de son archive se concentre sur la notion de l’écoute, dans la mesure où elle contient une multitude de rencontres avec certaines des personnalités les plus influents de notre époque.

En 1986, Obrist visite l’atelier de Peter Fischli & David Weiss à Zurich, à la veille de la production de leur film Der Lauf der Dinge (Le Cours des choses, 1987), que LUMA Arles a exposé dans le bâtiment du Médico-Social à l’occasion de l’exposition It’s Urgent! en 2020, une réaction en chaîne d’objets mis en mouvement où une chose en entraîne une autre. Dès lors, Obrist se mit à visiter de manière obsessionnelle des ateliers d’artistes, en voyageant en train de nuit, chaque rencontre en entraînant une autre, chaque artiste le renvoyant vers d’autres.

Ce que Obrist appelle son Projet d’Interview a véritablement commencé au début des années 1990, lorsque Jonas Mekas a encouragé le jeune commissaire à filmer ses conversations avec les artistes. À ce jour, les archives d’entretiens contiennent près de 4 000 conversations enregistrées, non seulement avec des artistes, mais aussi avec des architectes, des musiciens, des écrivains, des cinéastes, des philosophes et des scientifiques. Les archives elles-mêmes se composent de nombreuses autres couches, parmi lesquelles des publications, des photographies, des correspondances manuscrites et électroniques, des notes, des croquis, des dessins et des projets.

Avec Hans-Ulrich Obrist, Maja Hoffman propose un format qui révélerait, au fil des ans, différentes facettes de l’archive, comme un projet ou une rencontre. Au cœur de ces présentations, se trouveront les documents issus de l’Archive d’Interviews qui constituent, plus qu’une accumulation d’entretiens, une conversation infinie reliant personnes, cultures, langues et disciplines. Au cœur de chaque épisode de ce projet au long cours se trouve l’idée d’apprendre à écouter et d’écouter pour apprendre. Édouard Glissant est le premier chapitre de l’Archive de Hans-Ulrich Obrist, composée de livres, de documents manuscrits et d’enregistrements audio-visuels, qui en appellera bien d’autres.

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

Vue de L'Archive de Hans-Ulrich Obrist : Chapitre 1 Édouard Glissant — Où tous les imaginaires du monde peuvent se rencontrer et s’entendre

LUMA Arles (Arthur Fouray)

Le dispositif de présentation des entretiens d’Édouard Glissant revisite Now Interviews, initialement conçu par l’architecte japonais Kazuyo Sejima à l’occasion de la 12e Biennale d’architecture en 2010. Pour la présentation à LUMA Arles, Sejima a proposé qu’un arbre soit planté en face d’une fenêtre. Cet espace a ainsi été nommé la Galerie du Cerisier. Tel un écho ou une résonance à l’arbre à souhaits de Yoko Ono, à l’occasion de l’ouverture générale de LUMA Arles le 26 juin 2021, Dominique Gonzalez-Foerster a attaché des rubans aux couleurs des post-its aux branches de l’arbre choisi par Sejima et visible par la fenêtre.

Rechercher

Panier

s’identifier

Vous avez déjà un code d'accès ?
Cliquez-ici pour l'utiliser

Veuillez indiquer votre adresse e-mail ci-dessous.