Jaider Esbell, Lettre au vieux monde, 2021. © Victor & Simon / Joana Luz

Même dans la pénombre, je chante encore, Œuvres de la 34ᵉ Bienal de São Paulo

Parc des Ateliers, Les Forges
Du  au 

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La chronique des médiateurs

Les médiateurs proposent de vous accompagner à la découverte de l’exposition. Cette introduction a été pensée comme un moment de partage, permettant d’accéder à des clés de compréhension à la rencontre des différentes démarches artistiques.

  • Date et heure : mercredi et vendredi à 10h30 / jeudi à 15h00 / samedi et dimanche à 10h30 et 15h00 (sauf cas exceptionnels)
  • Point de rendez-vous : Entrée de l’exposition / Les Forges
  • Durée : 15 minutes

L’exposition dévoilera pour la première fois en France une sélection d’œuvres de praticiens contemporains majeurs du monde entier. Elle donnera à voir certains des concepts les plus novateurs créés par des artistes contemporains d’aujourd’hui, ainsi que des œuvres expérimentales d’artistes établis sur ces dernières décennies.
 

La 34ᵉ Bienal de São Paulo s’est imposée dans une volonté de diversité et de versatilité, offrant une véritable polyphonie de créations artistiques. Tout d’abord présentée dans les principaux lieux d’exposition de São Paulo, différentes itérations ont ensuite été proposées dans d’autres villes, à São Luís (MA), Campinas (SP), São José do Rio Preto (SP), Campos do Jordão (SP), Belo Horizonte (MG), Fortaleza (CE), Belém (PA), Rio de Janeiro (RJ) et Santiago (Chili).

Même dans la pénombre, je chante encore, Œuvres de la 34 Bienal de São Paulo symbolise la première exposition de la Bienal à se dérouler en Europe et en France. Présentée aux Forges, la sélection d’œuvres soulève des questions de perception, de transformation, et interroge la manière dont différentes réalités peuvent coexister, à travers une pluralité de médias, installations, expériences sonores, peintures, vidéos, photographies et lettres.

Structurée autour d’une série de contributions, Même dans la pénombre, je chante encore, Œuvres de la 34 Bienal de São Paulo met en lumière les œuvres de quatorze artistes originaires de sept pays, qui viennent dialoguer et se font l’écho notamment de récits politiques, de questions post colonialistes, de préoccupations environnementales et de croyances indigènes.

Les expositions itinérantes de la 34ᵉ Bienal de São Paulo sont nées d’une série de « contributions » sélectionnées par l’équipe curatoriale. Les Portraits de Frederick Douglass, La Ronde de Mort [A Ronda da Morte] par Hélio Oiticica, La Cloche d'Ouro Preto et Chants Tikmū’ūn ponctuent l’exposition et fonctionnent comme des structures conceptuelles. Objets immatériels ou récits captivants qui rassemblent œuvres et artistes, ces « contributions » visent à proposer de nouvelles lectures des œuvres, tout en donnant le ton, nous invitant à voyager dans le temps et dans l’espace. 
 

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Artistes participants :

Victor Anicet, Zózimo Bulbul, Seba Calfuqueo, Manthia Diawara, Jaider Esbell, Noa Eshkol, Naomi Rincón Gallardo, Carmela Gross, Sueli Maxakali, Gala Porras-Kim, Alice Shintani, Amie Siegel, Regina Silveira, Daiara Tukano
 

Contributions :

Les expositions itinérantes de la 34ᵉ Bienal de São Paulo sont nées de « contributions » sélectionnées par l’équipe curatoriale. Objets immatériels ou récits captivants qui rassemblent œuvres et artistes, ces « contributions » visent à proposer de nouvelles lectures des œuvres, tout en donnant le ton, nous invitant à voyager dans le temps et dans l’espace.  

  • Les Portraits de Frederick Douglass
  • La Ronde de Mort [A Ronda da Morte] par Hélio Oiticica
  • La Cloche d’Ouro Preto
  • Chants Tikmũ’ũn
     

À propos de la contribution Les Portraits de Frederick Douglass
Né à Talbot County dans le Maryland ( États-Unis) en février 1817 (ou 1818, selon les sources), Frederick Augustus Washington Bailey est le fils d’une esclave et d’un Blanc – peut-être le propriétaire ou le contremaître de la plantation où sa mère travaillait – qui ne l’a jamais reconnu. Malgré bien des obstacles, il apprend à lire et à écrire dans son enfance et son adolescence. Il organise même des cours d’alphabétisation pour d’autres esclaves. En 1838, après des tentatives infructueuses, il parvient à fuir à New York, où l’esclavage a été aboli en 1827. Cependant, l’effroi et l’insécurité suscités par les chasseurs d’esclaves l’obligent à partir rapidement pour New Bedford, dans le Massachusetts, où il adopte le nom Douglass. Éloquent, charismatique et riche d’une expérience lui offrant un point de vue cinglant sur la société, Douglass entame sans tarder une extraordinaire carrière d’écrivain, d’orateur, de politicien et surtout de militant pour l’abolition de l’esclavage – qui commence à peine aux États-Unis en 1865 –, dont il devient l’un des représentants les plus emblématiques et admirés. À sa mort en 1895, Douglass est considéré comme une figure de proue de l’histoire des États-Unis.

En 1841, Douglass commande son premier portrait photographique. Il a parfaitement conscience que son image d’homme noir libre trouvera un écho retentissant dans la lutte contre l’esclavage. Pionnier, Douglass se rend compte que la circulation à grande échelle que permet le médium photographique sera de la plus haute importance dans le combat antiraciste et contre les pratiques ségrégationnistes après l’abolition. Sans surprise, au cours des cinq décennies suivantes ou presque, il devient la personne la plus photographiée au XIXᵉ siècle aux États-Unis, manifestant par là une incroyable maîtrise de la pose, de la mise, de l’apparence et du cadrage. Ce corpus sans pareil de portraits est présenté au sein de la 34ᵉ Bienal de São Paulo pour la première fois, dans sa presque intégralité, dans le cadre d’une exposition.

Sous le regard pénétrant et plein de défiance de Douglass, ces œuvres réalisées à des moments et dans des contextes différents tissent un complexe récit en rhizome qui réaffirme l’importance aujourd’hui de se souvenir des processus de déplacement, de violence et de résistance qui ont marqué et continuent de marquer la vie d’innombrables personnes. Dans ces œuvres se croisent des flux d’images, de cultures et de corps qui attestent la possibilité de métaboliser les traumatismes passés et présents à la manière d’un combustible afin d’exiger la construction d’un avenir aux fondations plus justes. 

À propos de la contribution La Ronde de Mort [A Ronda da Morte] by Hélio Oiticica
Hélio Oiticica (Brésil, 1937-1980) a vécu à New York pendant les années les plus violentes de la dictature militaire au Brésil, celles qui ont suivi la promulgation de l’Acte institutionnel n° 5 (AI-5) en décembre 1968. De retour au Brésil en 1978, l’artiste comprend qu’il ne reverra plus les amis qu’il s’est faits dans les favelas de Rio et les fêtes samba du milieu des années 1960. Il attribue ces absences à l’annihilation systématique d’une partie de la population par l’État. Ebranlé par l’exécution brutale d’un autre de ses amis l’année suivante, Oiticica écrit à la photographe Martine Barrat une lettre où il lui expose un ‘parangolé-área’ intitulé A Ronda da Morte [La Ronde de Mort]. Reprenant la forme d’un chapiteau de cirque noir, cet environnement accueillant serait doté de stroboscopes où la musique jouée à l’intérieur inviterait le public à entrer et danser. Tandis que la fête battrait son plein, le chapiteau serait cerné par des hommes à cheval singeant une ronde de police.

L’œuvre, qui n’a jamais été réalisée, devait être présentée pour la première fois en 2020 à l’occasion de la 34ᵉ Bienal. La pandémie en aura décidé autrement. Toutefois, A Ronda da Morte, par le biais de documents d’archives, a été intégrée comme un témoignage en dialogue avec des œuvres exposées dans les Biennales passées – comme le présent mobilise l’opportunité de revisiter sa signification originelle, voire de l’élaborer – et d’autres qui mettent en lumière des scènes de violence d’État et soulignent la limite entre passé et présent et l’idée de répétition dans l’histoire.

À propos de la contribution La Cloche d’Ouro Preto
La Capela de Nossa Senhora do Rosário dos Homens Brancos [chapelle Notre-Dame du Rosaire des hommes blancs], plus connue sous le nom de chapelle Padre Faria, est une petite église d’Ouro Preto, à Minas Gerais, dont le clocher abrite une cloche en bronze fondue en Allemagne en 1750. Le 12 avril 1792, cette cloche est la seule de la colonie à sonner, et à désobéir ainsi ouvertement à l’ordre officiel qui interdit les hommages à l’ennemi de la couronne. La cloche sonne comme pour pleurer l’exécution de Tiradentes, seul participant à l’Inconfidência Mineira [la conjuration Mineira] dont la condamnation à mort n’ait pas été révoquée. Après l’indépendance du Brésil et la proclamation de la république, le martyr de Minas Gerais est déclaré héros national, et la cloche qui a sonné en son hommage devient le symbole de la lutte pour la souveraineté du pays. En 1960, un autre 21 avril, elle est acheminée à Brasília, hissée à côté d’une réplique de la croix utilisée lors de la première messe donnée au Brésil, et sonnée pour l’inauguration de la nouvelle capitale.

À l’heure de la 34ᵉ Bienal, ce témoignage soulève deux questions : que signifie aujourd’hui de se remémorer cette cloche si symboliquement chargée d’histoire coloniale et de sentir le temps qui continue de s’y déposer ? Quels échos du Brésil et du monde parviennent jusqu’à la vieille Vila Rica et font aujourd’hui résonner le bronze de cette cloche ?

À propos de la contribution Chants Tikmũ’ũn
Les Tikmũ’ũn, aussi appelés Maxakali, sont un peuple autochtone de la partie du Brésil qui rassemble aujourd’hui les États de Minas Gerais, Bahia et Espírito Santo. Après d’innombrables épisodes de violence et d’abus datant de l’époque coloniale, les Tikmũ’ũn ont failli disparaître dans les années 1940 et ont été contraints d’abandonner les terres de leurs ancêtres afin de survivre. Les chants organisent la vie des villages, constituant presque un index de tous les éléments du quotidien – plantes, animaux, lieux, objets, savoirs – et de leur riche cosmologie. Souvent destinés à la guérison, la plupart de ces chants sont repris en chœur.

Dans le cadre d’une exposition dictée, de manière lyrique et métaphorique, par la nécessité et la puissance des chants, l’exemple des Tikmũ’ũn résonne avec force, y compris d’un point de vue politique : l’effort communautaire se renouvelle sans cesse à travers le chant afin de créer collectivement un univers. À l’occasion de l’exposition itinérante de la 34ᵉ Bienal de São Paulo, autour de ce témoignage sont réunies des œuvres qui abordent le besoin de préserver l’environnement et de sauvegarder les cultures et les connaissances transmises oralement de génération en génération, comme les chants tikmũ’ũn.

À propos du programme de l’exposition itinérante de la Bienal de São Paulo 
Le programme de l’exposition itinérante de la Bienal de São Paulo entame sa sixième édition en 2022. En 2019, l’exposition itinérante de la 33ᵉ Bienal a visité huit villes, dont une à l’étranger, et totalisant plus de 170 000 visiteurs.

« Le programme soutient l’art et son impact positif dans le domaine de l’éducation et de la citoyenneté. Les partenariats avec les institutions de chaque lieu permettent de diffuser les œuvres en dehors du circuit artistique de la ville de São Paulo, à la rencontre de nouveaux regards et de nouvelles sensibilités. En plus des expositions, cette initiative comprend des activités pédagogiques et promotionnelles liées à la mission de la Fundação d’intégrer la culture et l’éducation dans la vie quotidienne », affirme José Olympio da Veiga Pereira, président de la Fundação Bienal.

Cette année le programme s’est déjà rendu à São Luís (Maranhão), Campinas (São Paulo), São José do Rio Preto (São Paulo), Campos do Jordão (São Paulo), Belo Horizonte (Minas Gerais), Fortaleza (Ceará), Belém (Pará), Rio de Janeiro (Rio de Janeiro) et à Santiago (Chili).


À propos de la Fundação Bienal de São Paulo
Fondée en 1962, la Fundação Bienal de São Paulo est une institution privée à but non lucratif, sans affiliation politique ou religieuse, dont les actions visent à démocratiser l’accès à la culture et à susciter l’intérêt pour la création artistique. Tous les deux ans, la Fundação Bienal organise la Bienal de São Paulo, plus grande exposition d’art de l’hémisphère sud, et ses expositions itinérantes dans plusieurs villes du Brésil et à l’étranger. L’institution est aussi la gardienne de deux patrimoines artistiques et culturels d’Amérique latine : des archives historiques d’art moderne et contemporain, qui sont une référence en Amérique latine (Arquivo Histórico Wanda Svevo), et le pavillon Ciccillo-Matarazzo, siège de la Fondation, conçu par Oscar Niemeyer et classé par l’Institut du patrimoine historique et artistique national. La Fundação Bienal de São Paulo est également chargée d’imaginer et de produire des représentations brésiliennes à la Biennale d’art et d’architecture de Venise, prérogative accordée il y a plusieurs décennies par le gouvernement fédéral en reconnaissance de l’excellence de ses contributions à la culture du Brésil.


Le titre de la 34ᵉ Bienal de São Paulo, ‘‘Faz escuro mas eu canto’’ [Même dans la pénombre, je chante encore], est un vers du poète brésilien Thiago de Mello.

Commissariat de Jacopo Crivelli Visconti, commissaire en chef de la 34ᵉ Bienal de São Paulo et Vassilis Oikonomopoulos, directeur des expositions et des programmes à LUMA Arles – Même dans la pénombre, je chante encore fait partie du programme itinérant de la Bienal.

L’exposition est produite et organisée par LUMA Arles et la Fundação Bienal de São Paulo, avec le soutien de la Fondation ENGIE.

La Fundação Bienal de São Paulo est soutenue par Itaú ; Instituto Vale ; Instituto Votorantim ; Bloomberg ; Bahia Asset ; Unipar ; Sesc ; Alupar ; EMS ; Rede D’or ; XP ; CSN ; B3 ; Verde Asset; JP Morgan ; Iguatemi São Paulo ; Osklen ; JHSF ; Credit Suisse ; Iochpe-Maxion ; Klabin ; JSL; BR Partners ; Mattos Filho ; Racional ; Ageo Terminais ; Grupo Ultra ; Singulare ; Hermes Pardini ; Banco ABC ; Rodobens.

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