Vue de La Face cachée de l’Archive , exposition des archives de Parkett , située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

La Face cachée de l’Archive

Diane Arbus, Simon Fisher Turner, Nan Goldin, Derek Jarman, Annie Leibovitz

La Tour
Galerie du cerisier, Rez-de-jardin
A partir du 

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Pari testamentaire, lutte contre la finitude, témoignage in extremis, recomposition du temps et autres équations temporelles, sont au cœur de La Face cachée de l’Archive qui invite à dépasser les habitudes de la réflexion analytique au profit d’une perception à la fois émotionnelle et empathique. L’enjeu qui préside ici n’est plus tout à fait de définir ou de démontrer, mais bien de ressentir. L’archive est alors, au-delà d’une mémoire, un miroir qui nous est tendu.

Dans le sillage de The Early Years: 1970 - 1983, Archives Project # 1 de Annie Leibovitz en 2017, la première exposition des Archives Vivantes, La Face cachée de l’Archive propose une plongée aussi intime qu’immersive au fil des œuvres de Nan Goldin, Diane Arbus, Annie Leibovitz et Derek Jarman, artiste vidéaste mort du SIDA aux débuts des années 90. Au côté de ces artistes, la revue des avant-gardes contemporaines Parkett nous dévoile la relation particulière qu’elle a entretenue avec l’artiste éclectique qu’était Sigmar Polke.

Avec cette exposition d’un type nouveau, il s’agit de revitaliser l’archive et de lui donner un rayonnement particulier, où le temps, l’allié objectif de l’archive, donne aux contenus souvent tragiques, la douceur apaisante d’un murmure, d’une confession.

Parallèlement à celle-ci, LUMA Arles a l’honneur d’accueillir les archives personnelles et obsessionnelles de Hans-Ulrich Obrist, avec une présentation consacrée à Édouard Glissant, aussi inspirante qu’émouvante.

La Face cachée de l’Archive est finalement la mienne, à bien des égards.

Maja Hoffmann
Vue de La Face cachée de l’Archive, espace consacré à l’exposition La vie d’une photographe : 1990 - 2005 d’Annie Leibovitz, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace consacré à l’exposition La vie d’une photographe : 1990 - 2005 d’Annie Leibovitz, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Adrian Deweerdt

Biographies des artistes

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition The Cookie Mueller Portfolio (1976 – 1989) de Nan Goldin, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition The Cookie Mueller Portfolio (1976 – 1989) de Nan Goldin, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Marc Domage

Diane Arbus

Diane Arbus est l’une des photographes les plus originales et influentes du XXème siècle. Elle a étudié la photographie avec Berenice Abbott, Alexey Brodovitch et Lisette Model. Ses premières photographies ont été publiées dans Esquire en 1960. En 1963 et 1966, elle a reçu une bourse John-Simon Guggenheim et fait partie des trois photographes dont le travail était au centre de New Documents, exposition phare de John Szarkowski au Museum of Modern Art de New York en 1967. Les clichés d’Arbus, mêlant, entre autres, couples, enfants, drag queens, nudistes, piétons de New York, familles de banlieue, artistes de cirque et célébrités, entre autres, couvrent l’ensemble de la sphère sociale américaine de l’après-guerre et brossent un portrait kaléidoscopique et singulièrement fascinant de l’humanité. Un an après sa mort, son œuvre a été choisie pour figurer à la Biennale de Venise, honneur sans précédent pour une photographe.

Les photographies d’Arbus figurent parmi les collections de nombreuses institutions du monde entier, parmi lesquelles la Galerie d’art de l’Ontario, au Canada ; l’Art Institute of Chicago ; la Bibliothèque nationale de France ; Fotomuseum Winterthur, en Suisse ; le J. Paul Getty Museum, à Los Angeles ; le Metropolitan Museum of Art, à New York ; Moderna museet, à Stockholm ; le musée d’Art contemporain de Los Angeles ; le musée des beaux-arts de Boston ; le Museum of Modern Art, à New York ; le Centre Pompidou ; le musée national d’Art moderne de Tokyo ; la Galerie nationale d’art de Washington ; le musée d’Art moderne de San Francisco ; le Smithsonian American Art Museum, à Washington ; le Stedelijk Museum d’Amsterdam ; la Tate Gallery, à Londres ; et le Whitney Museum of American Art, à New York.

Simon Fisher Turner

Simon Fisher Turner est un compositeur et musicien connu pour son travail sur les bandes originales de films, qui a débuté par une collaboration avec le vidéaste Derek Jarman. Simon Fisher Turner a composé la musique de plusieurs des films de Jarman, dont Caravaggio (1986), Last of England (1987), The Garden (1990) et Blue (1993).

Il a aussi écrit la partition pour les restaurations de trois films muets : Un chant d’amour, de Jean Genet (1950), The Great White Silence, de Herbert Ponting (1924) et L’Épopée de l’Everest, du capitaine John Noel (1924). Simon Fisher Turner a reçu le prix Ivor Novello pour la bande originale de L’Épopée de l’Everest. Au côté de ses compositions pour le cinéma, Jarman s’est beaucoup produit et a sorti de nombreux albums, dont le plus récent, A Quiet Corner in Time, est le fruit d’une collaboration avec l’artiste et auteur anglais Edmund de Waal.

Édouard Glissant

Romancier, poète et essayiste, Édouard Glissant (1928-2011) est l’un des grands écrivains de notre temps. Dès sa jeunesse en Martinique, Glissant se passionne pour le courant surréaliste, et milite, avec ses amis du Franc Jeu (groupe littéraire et politique), pour les idées révolutionnaires de libération des colonies. Il quitte la Martinique pour la métropole en 1946 où il étudie la philosophie à la Sorbonne et l’ethnographie au Musée de l’Homme. Il publie alors ses premiers recueils (Un Champ d’îles en 1953) et son roman La Lézarde, qui reçoit le prix Renaudot en 1958. En 1965, Édouard Glissant retourne en Martinique.

En 1967, il crée l’Institut Martiniquais d’Études (IME), institution privée d’éducation qui vise à restituer aux jeunes antillais un enseignement en accord avec la réalité de leur Histoire et de leur géographie. Il fonde en 1971 la revue Acoma chez Maspero, revue critique de recherche sur les sociétés antillaises, qui annonce déjà l’un de ses essais-maître dans le domaine à cette période, Le Discours antillais (1981).

À travers ses essais, ses romans, et ses textes poétiques, il développe la notion « Tout-Monde », qui titre le roman de 1995, suivi de l’essai Traité du Tout-Monde en 1997. De 1980 à 1988, Édouard Glissant dirige Le courrier de l’UNESCO, dont il développe les éditions en 36 langues diffusées dans plus de 150 pays. En 1988, Édouard Glissant s’installe aux États-Unis et dirige une chaire de Littérature Française à la Louisiana State University. En 1993, il s’associe activement à la création du Parlement International des Écrivains, institution internationale destinée à organiser une solidarité concrète avec les écrivains et intellectuels victimes de persécutions. En 2006, Édouard Glissant crée l’Institut du Tout-Monde, avec le soutien du Conseil Régional d’IIe-de-France, du Ministère de l’Outre-Mer et de la Maison de l’Amérique Latine. En 2009, Glissant publie son dernier essai, Philosophie de la Relation, sous-titré Poésie en étendue, et comme ultime ouvrage, La terre, le feu, l’eau et les vents - Une anthologie de la poésie du Tout-Monde, en 2010.

Nan Goldin

Nan Goldin est née à Washington en 1953. Elle vit et travaille à New York. Artiste parmi les plus importantes et influentes de sa génération, Nan Goldin a révolutionné l’art de la photographie grâce à ses portraits francs empreints d’une profonde intimité. Au cours des 45 dernières années, Goldin a créé certaines des images les plus indélébiles des XXème et XXIème siècles. Depuis la fin des années 1970, son œuvre remet en question les concepts de genre et les définitions de la normalité. En documentant sa vie et celle de ses amis, Goldin donne une voix et une visibilité à ses communautés. En 2017, elle forme le groupe militant P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now), qui organise des manifestations visant les entreprises pharmaceutiques américaines.

Le travail de Goldin a fait l’objet d’expositions récentes à la Tate Modern de Londres (2019) ; au château de Versailles (2018) ; au château d’Hardelot, à Condette, (2018) ; au musée irlandais d’Art moderne, à Dublin (2017) ; au Museum of Modern Art, à New York (2016) ; au Musée de la photographie des Pays-Bas, à Rotterdam (2010) ; au Louvre (2010) ; et d’une grande rétrospective itinérante commencée, au milieu de sa carrière, au Whitney Museum of American Art, à New York, en 1996, avant de rejoindre le Kunstmuseum Wolfsburg, en Allemagne ; le Stedelijk Museum, à Amsterdam ; Fotomuseum Winterthur, en Suisse ; la Kunsthalle de Vienne ; et le Musée national de Prague. Goldin s’est vu remettre de nombreuses distinctions, dont le prix Ruth Baumgarte, par le musée Sprengel de Hanovre, en Allemagne (2019) ; la médaille du centenaire de la Royal Photographic Society, à Londres (2018) ; le prix Hasselblad, à Göteborg, en Suède (2007) ; le grade de commandeur des Arts et des Lettres (2006) ; et fut artiste en résidence au DAAD, à Berlin (1991).

Derek Jarman

Derek Jarman, décédé en 1994, est artiste, cinéaste, scénographe, diariste, auteur et jardinier anglais. Il a étudié au King’s College et à la Slade School of Fine Art, à Londres. En 1967, Jarman a montré ses tableaux lors de l’exposition Young Contemporaries, à la Tate, à Londres, à la galerie Lisson, à Londres et à la 5ème biennale des Jeunes Artistes, au musée d’Art Moderne de Paris. Jarman a travaillé comme décorateur sur Jazz Calendar, avec The Royal Ballet, à Londres (1968) ; Don Giovanni, avec l’ENO, au London Coliseum (1968) ; sur les films de Ken Russell, Les Diables (1971) et Le Messie Sauvage (1972) ; ou encore La Carrière du Libertin, au festival Maggio Musicale, à Florence (1982). Au début des années 1970, Jarman entame une série de travaux cinématographiques réalisés en Super 8, suivis de son premier long-métrage, Sebastiane, en 1975.

Il a ensuite réalisé dix autres longs-métrages, dont Jubilee (1978), The Angelic Conversation (1985), Caravaggio (1986), The Garden (1990) et Edward II (1991). Son dernier film, Blue, a été présenté pour la première fois à la Biennale de Venise en 1993. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles à Londres à la galerie Sarah Bradley (1978), à la galerie Edward Totah (1982) et à l’ICA (1984), à Manchester à la galerie Withworth Art (1994) et à New York, pour X Initiative. Phase I (2009) ; ainsi que de publications, chez Richard Salmon Ltd, à Londres (1987) et dans Derek Jarman. Super 8, de Julia Stoschek, paru à Dusseldorf (2010). Jarman a écrit plusieurs livres, dont l’autobiographique Dancing Ledge (1984) et deux tomes de mémoires, Modern Nature (1992) et At Your Own Risk (1992). Derek Jarman’s Garden, qui documente la création de son jardin extraordinaire à Dungeness, a été publié en 1995.

Annie Leibovitz

Annie Leibovitz commence sa carrière de photojournaliste pour Rolling Stone en 1970, alors qu’elle est encore étudiante au San Francisco Art Institute. Depuis, ses photos apparaissent régulièrement en couverture des magazines. L’ensemble de son œuvre, brillante et vaste, comprend certains des portraits les plus connus de notre époque.

La première mission importante de Leibovitz consiste à réaliser un reportage sur John Lennon. Elle devient la photographe en chef de Rolling Stone en 1973, et, lorsqu’elle quitte le magazine dix ans plus tard, elle a photographié cent quarante-deux couvertures et publié des essais photographiques sur des dizaines de sujets, notamment des comptes rendus mémorables de la démission de Richard Nixon et de la tournée des Rolling Stones de 1975.

En 1983, lorsqu’elle rejoint l’équipe du nouveau Vanity Fair, elle s’impose comme la photographe la plus en vue de la musique rock et une habile documentariste du paysage social. À Vanity Fair, et plus tard à Vogue, elle élabore un vaste ensemble de portraits — actrices, réalisateurs, écrivains, musiciennes, athlètes, personnalités du monde politique et des affaires, et photographies de mode — venant compléter son portrait de groupe de la vie contemporaine. En plus de son travail éditorial, elle crée plusieurs campagnes publicitaires influentes, dont des portraits primés pour American Express et Gap. Elle collabore également avec de nombreuses organisations artistiques. Leibovitz s’intéresse particulièrement à la danse, et, en 1990, elle documente la création du White Oak Dance Project (projet de danse du Chêne blanc) avec Mikhaïl Barychnikov et Mark Morris.

Le travail de Leibovitz a fait l’objet d’expositions dans des musées et des galeries du monde entier, dont la National Portrait Gallery et la Corcoran Gallery of Art, à Washington ; le Centre international de la photographie, à New York ; au Brooklyn Museum ; le Stedelijk Museum d’Amsterdam ; la Maison européenne de la photo- graphie, à Paris ; le campus créatif LUMA Arles, la National Portrait Gallery de Londres ; le musée d’État de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg ; et le musée des Beaux-Arts Pouchkine, à Moscou.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition A Box of Ten Photographs, 1970 de Diane Arbus, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition A Box of Ten Photographs, 1970 de Diane Arbus, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Marc Domage

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