Vue de La Face cachée de l’Archive, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

La Face cachée de l’Archive

Nan Goldin, Diane Arbus, Derek Jarman, revue Parkett, Sigmar Polke, Annie Leibovitz

La Tour
Galerie des Archives Vivantes
A partir du 

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Il arrive parfois que l’archive qui entre durablement en dépôt, capture de manière pérenne ce contre champ qu’est la vie elle-même. Elle peut conserver au-delà de son caractère historique une trace encore vive, comme une particule radioactive traversant le temps.

Pari testamentaire, lutte contre la finitude, témoignage in extremis, recomposition du temps et autres équations temporelles, sont au cœur de La Face cachée de l’archive qui invite à dépasser les habitudes de la réflexion analytique au profit d’une perception à la fois émotionnelle et empathique. L’enjeu qui préside ici n’est plus tout à fait de définir ou de démontrer, mais bien de ressentir. L’archive est alors, au-delà d’une mémoire, un miroir qui nous est tendu.

Dans le sillage de The Early Years: 1970 - 1983, Archives Project # 1 de Annie Leibovitz en 2017, la première exposition des Archives Vivantes, La Face cachée de l’archive propose une plongée aussi intime qu’immersive au fil des œuvres de Nan Goldin, Diane Arbus, Annie Leibovitz et Derek Jarman. Au côté de ces artistes, la revue des avant-gardes contemporaines Parkett nous dévoile la relation particulière qu’elle a entretenue avec l’artiste éclectique qu’était Sigmar Polke.

Avec cette exposition d’un type nouveau, il s’agit de revitaliser l’archive et de lui donner un rayonnement particulier, où le temps, l’allié objectif de l’archive, donne aux contenus souvent tragiques, la douceur apaisante d’un murmure, d’une confession.

Parallèlement à celle-ci, LUMA Arles a l’honneur d’accueillir les archives personnelles et obsessionnelles de Hans-Ulrich Obrist, avec une présentation consacrée à Édouard Glissant, aussi inspirante qu’émouvante.

Réservez votre billet gratuit qui vous donnera accès à La Tour ainsi qu'à toutes les expositions situées dans les bâtiments historiques.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition The Cookie Mueller Portfolio (1976 – 1989) de Nan Goldin, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition The Cookie Mueller Portfolio (1976 – 1989) de Nan Goldin, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Nan Goldin
Cookie Mueller Portfolio, 1976 – 1989

À la manière des écrivains qui prennent leurs notes pour de futurs romans, Nan Goldin s’est très tôt emparée du médium photographique pour faire de sa vie une chronique ininterrompue. Sur son chemin, Cookie Mueller a tenu un rôle particulier, retracé par l’œuvre Cookie Mueller Portfolio (1976 - 1989).

Égérie vibrante et attachante, Cookie Mueller avançait en équilibre sur la ligne de crête de sa propre existence. Cette jeune femme exubérante, à la fois muse, actrice et auteure, avait décidé de vivre sans entrave comme les héros de roman de la Beat Generation.

Leur rencontre remonte en 1976, dans la communauté artistique de Provincetown, dans le Massachusetts. Il était impossible pour Nan Goldin de passer à côté d’un tel magnétisme. Alors que commençaient les terribles années SIDA, les deux femmes ont entretenu une relation intense dans le milieu underground de New York des années 1970 et 1980 partageants fêtes et gueules de bois, amours et déceptions.

Sans trop le savoir, Nan Goldin a constitué un ensemble photographique sous la forme d’un story-board marquant les étapes importantes de la vie de Cookie Mueller et ce jusqu’à sa disparition en 1989, un an seulement après avoir été diagnostiquée séropositive. Constitué a posteriori, Cookie Mueller Portfolio est un témoignage déchirant où la vie et la mort ne cessent de s’entrecroiser.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition A Box of Ten Photographs, 1970 de Diane Arbus, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition A Box of Ten Photographs, 1970 de Diane Arbus, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Marc Domage

Diane Arbus
A box of ten photographs, 1970

La neutralité de lecture de A box of ten photographs (1970) est une chose difficile à exiger. Il est, en effet, délicat de dissocier la biographie de Diane Arbus, qui mit fin à ses jours en 1971, de ce portfolio de dix photographies constitué peu de temps avant sa mort. Il est inévitable de voir en cette ultime sélection de dix tirages, l’ombre factuelle et dramatique d’un testament.

Au début des années 70, Diane Arbus traversait une période de dépression et de grande solitude. Malgré des perspectives d’expositions, dont l’une à la Biennale de Venise, le sentiment d’insatisfaction dominait. C’est néanmoins pendant cette époque sombre, traversée par quelques parenthèses de lumière que fut conçu A box of ten photographs, proposé alors à 1 000 dollars pièce.

Cette boîte réalisée en plexiglass par l’artiste Marvin Israel contenait dix tirages de 40 x 50 cm censés résumer l’approche frontale, littérale et ambiguë de son auteure. La vertu de ce projet était triple. Il pouvait rapporter quelques ressources, asseoir une influence auprès de collections et d’institutions et surtout poser l’équation d’un style et d’une pensée nuancée et complexe. Seuls quatre portfolios sur huit furent vendus du vivant de Diane Arbus.

Il y a quelque chose de crépusculaire dans cette idée de portfolio, une idée d’accomplissement et donc de cycle achevé. Il y a parfois des mouvements qui s’intensifient à un point tellement ultime et radical qu’ils finissent par se retourner sur eux-mêmes, comme si la fin avait pour prolongement son propre commencement. C’est un renouveau que marque A box of ten photographs alors que disparaît Diane Arbus. Elle est à la fois la fin et le début d’une histoire, celle de la reconnaissance.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition Portraits dans le temps de Derek Jarman, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace dédié à l’exposition Portraits dans le temps de Derek Jarman, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Marc Domage

Derek Jarman
Portraits dans le temps

Derek Jarman, peintre, jardinier, écrivain et cinéaste, s’est emparé pour la première fois d’une caméra Super 8 au début des années 70. Il a produit, au cours des sept années suivantes, un vaste corpus d’œuvres qu’il a filmé et monté. Son travail en Super 8 se divise en trois périodes distinctes : la première se rapporte directement à ses peintures de l’époque, la seconde utilise des figures costumes et des couches d’images multiples tandis que la troisième, à bien des égards la plus magistrale, est une série de portraits d’amis et d’amants intimement capturés par sa caméra portative. Il a utilisé la combinaison d’une faible vitesse d’obturateur, d’un objectif légèrement grand-angle et d’un montage (minimal) dans la caméra pour capturer le cours de l’instant.

Ce qui en résulte, des portraits tendrement érotiques, est d’une intimité désarmante. Une série de trois est présentée ici, accompagnée d’une partition musicale asynchrone de son collaborateur régulier Simon Fisher Turner.

Vue de La Face cachée de l’Archive, exposition des archives de Parkett, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive , exposition des archives de Parkett , située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Marc Domage

Parkett et Sigmar Polke

Parkett est un périodique d’art contemporain publié entre 1984 et 2017 à Zurich et New York. Il s’agissait de publications bilingues en allemand et anglais. Ses cent-un numéros, accompagnés par deux cent-soixante-dix collaborations d’artistes, témoignent d’un engagement intime envers les communautés artistiques et constituent un manifeste vivant pour l’art de notre temps. L’aventure a duré trente-trois années, une période d’expansion pour le monde de l’art pendant laquelle les diverses trajectoires des traditions artistiques, des modes de vie et des discours ont pu dialoguer.

Sigmar Polke a été un ami proche de Parkett et de ses concepteurs, depuis le départ. Il était déjà présent au lancement du premier numéro et il a documenté cet évènement avec sa caméra 16mm. Pour le second numéro de Parkett, il a proposé une édition devenue légendaire de tirages photographiques uniques dans le cadre d’une collaboration absolument exubérante. Le processus de sa production, dans la nuit du 11 au 12 mai 1984, est documenté ici par de nombreux et précieux documents. Au fil des décennies, Parkett a ensuite travaillé à deux reprises avec Sigmar Polke. Ces contributions exquises ont pris la forme d’inserts au sein de la revue. Parkett et Polke, c’est l’histoire d’une longue amitié dont le point d’orgue a été l’inauguration des vitraux du Grossmünster à Zurich en 2009, moins d’un an avant la mort de l’artiste. Les éditeurs de Parkett ont accompagné ce travail remarquable pendant sa genèse et sa mise en place.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace consacré à l’exposition La vie d’une photographe : 1990 - 2005 d’Annie Leibovitz, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Vue de La Face cachée de l’Archive, espace consacré à l’exposition La vie d’une photographe : 1990 - 2005 d’Annie Leibovitz, située dans la Galerie des Archives Vivantes, La Tour, LUMA Arles, Parc des Ateliers, France.

Adrian Deweerdt

Annie Leibovitz
La vie d’une photographe : 1990 – 2005

La vie d’une photographe : 1990 - 2005 a été créée à partir de deux volets intrinsèquement distincts de l’œuvre d’Annie Leibovitz : des clichés qu’elle a réalisés sur commande – principalement des portraits de personnalités publiques – et des photographies intimes tirées de sa vie privée. Nombre de ces juxtapositions sont saisissantes. Mais, comme l’a écrit Leibovitz, « Je n’ai pas deux vies. Ceci est une seule vie, et les photos personnelles et le travail de commande en font tous partie ».

Le projet a été réalisé pendant plusieurs semaines au cours de l’été 2005. Leibovitz a installé un atelier dans une grange de sa maison au nord de l’État de New York. Elle a épinglé des tirages bruts et des photocopies de photos réalisées pour des magazines et des clients commerciaux sur un long mur de panneaux de fibres. Des photographies personnelles étaient épinglées sur un mur parallèle. L’assemblage des travaux personnels a été un exercice qu’elle a décrit comme une fouille archéologique. Le travail d’affectation était édité et organisé, mais elle ne savait même pas combien de matériel personnel elle avait.

Susan Sontag, la compagne de Leibovitz pendant les années englobées par ces documents, est un personnage central de La vie d’une photographe. Sontag, puis le père de Leibovitz, sont morts quelques mois avant qu’elle ne commence à travailler sur le projet, qui est devenu un récit forgé à la fois par le chagrin et la consolation que procure l’histoire personnelle. La dernière photo de famille est celle de ses deux plus jeunes filles, prise sur les terres du nord de l’État de New York où leur mère éditait ses photographies dans la grange. Elles avaient deux mois.

Biographies des artistes

Nan Goldin

Nan Goldin est née à Washington en 1953. Elle vit et travaille à New York. Artiste parmi les plus importantes et influentes de sa génération, Nan Goldin a révolutionné l’art de la photographie grâce à ses portraits francs empreints d’une profonde intimité. Au cours des 45 dernières années, Goldin a créé certaines des images les plus indélébiles des XXème et XXIème siècles. Depuis la fin des années 1970, son œuvre remet en question les concepts de genre et les définitions de la normalité. En documentant sa vie et celle de ses amis, Goldin donne une voix et une visibilité à ses communautés. En 2017, elle forme le groupe militant P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now), qui organise des manifestations visant les entreprises pharmaceutiques américaines.

Le travail de Goldin a fait l’objet d’expositions récentes à la Tate Modern de Londres (2019) ; au château de Versailles (2018) ; au château d’Hardelot, à Condette, (2018) ; au musée irlandais d’Art moderne, à Dublin (2017) ; au Museum of Modern Art, à New York (2016) ; au Musée de la photographie des Pays-Bas, à Rotterdam (2010) ; au Louvre (2010) ; et d’une grande rétrospective itinérante commencée, au milieu de sa carrière, au Whitney Museum of American Art, à New York, en 1996, avant de rejoindre le Kunstmuseum Wolfsburg, en Allemagne ; le Stedelijk Museum, à Amsterdam ; Fotomuseum Winterthur, en Suisse ; la Kunsthalle de Vienne ; et le Musée national de Prague. Goldin s’est vu remettre de nombreuses distinctions, dont le prix Ruth Baumgarte, par le musée Sprengel de Hanovre, en Allemagne (2019) ; la médaille du centenaire de la Royal Photographic Society, à Londres (2018) ; le prix Hasselblad, à Göteborg, en Suède (2007) ; le grade de commandeur des Arts et des Lettres (2006) ; et fut artiste en résidence au DAAD, à Berlin (1991).

Diane Arbus

Diane Arbus est l’une des photographes les plus originales et influentes du XXème siècle. Elle a étudié la photographie avec Berenice Abbott, Alexey Brodovitch et Lisette Model. Ses premières photographies ont été publiées dans Esquire en 1960. En 1963 et 1966, elle a reçu une bourse John-Simon Guggenheim et fait partie des trois photographes dont le travail était au centre de New Documents, exposition phare de John Szarkowski au Museum of Modern Art de New York en 1967. Les clichés d’Arbus, mêlant, entre autres, couples, enfants, drag queens, nudistes, piétons de New York, familles de banlieue, artistes de cirque et célébrités, entre autres, couvrent l’ensemble de la sphère sociale américaine de l’après-guerre et brossent un portrait kaléidoscopique et singulièrement fascinant de l’humanité. Un an après sa mort, son œuvre a été choisie pour figurer à la Biennale de Venise, honneur sans précédent pour une photographe.

Les photographies d’Arbus figurent parmi les collections de nombreuses institutions du monde entier, parmi lesquelles la Galerie d’art de l’Ontario, au Canada ; l’Art Institute of Chicago ; la Bibliothèque nationale de France ; Fotomuseum Winterthur, en Suisse ; le J. Paul Getty Museum, à Los Angeles ; le Metropolitan Museum of Art, à New York ; Moderna museet, à Stockholm ; le musée d’Art contemporain de Los Angeles ; le musée des beaux-arts de Boston ; le Museum of Modern Art, à New York ; le Centre Pompidou ; le musée national d’Art moderne de Tokyo ; la Galerie nationale d’art de Washington ; le musée d’Art moderne de San Francisco ; le Smithsonian American Art Museum, à Washington ; le Stedelijk Museum d’Amsterdam ; la Tate Gallery, à Londres ; et le Whitney Museum of American Art, à New York.

Derek Jarman

Derek Jarman, décédé en 1994, est artiste, cinéaste, scénographe, diariste, auteur et jardinier anglais. Il a étudié au King’s College et à la Slade School of Fine Art, à Londres. En 1967, Jarman a montré ses tableaux lors de l’exposition Young Contemporaries, à la Tate, à Londres, à la galerie Lisson, à Londres et à la 5ème biennale des Jeunes Artistes, au musée d’Art Moderne de Paris. Jarman a travaillé comme décorateur sur Jazz Calendar, avec The Royal Ballet, à Londres (1968) ; Don Giovanni, avec l’ENO, au London Coliseum (1968) ; sur les films de Ken Russell, Les Diables (1971) et Le Messie Sauvage (1972) ; ou encore La Carrière du Libertin, au festival Maggio Musicale, à Florence (1982). Au début des années 1970, Jarman entame une série de travaux cinématographiques réalisés en Super 8, suivis de son premier long-métrage, Sebastiane, en 1975.

Il a ensuite réalisé dix autres longs-métrages, dont Jubilee (1978), The Angelic Conversation (1985), Caravaggio (1986), The Garden (1990) et Edward II (1991). Son dernier film, Blue, a été présenté pour la première fois à la Biennale de Venise en 1993. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles à Londres à la galerie Sarah Bradley (1978), à la galerie Edward Totah (1982) et à l’ICA (1984), à Manchester à la galerie Withworth Art (1994) et à New York, pour X Initiative. Phase I (2009) ; ainsi que de publications, chez Richard Salmon Ltd, à Londres (1987) et dans Derek Jarman. Super 8, de Julia Stoschek, paru à Dusseldorf (2010). Jarman a écrit plusieurs livres, dont l’autobiographique Dancing Ledge (1984) et deux tomes de mémoires, Modern Nature (1992) et At Your Own Risk (1992). Derek Jarman’s Garden, qui documente la création de son jardin extraordinaire à Dungeness, a été publié en 1995.

Simon Fisher Turner

Simon Fisher Turner est un compositeur et musicien connu pour son travail sur les bandes originales de films, qui a débuté par une collaboration avec le vidéaste Derek Jarman. Simon Fisher Turner a composé la musique de plusieurs des films de Jarman, dont Caravaggio (1986), Last of England (1987), The Garden (1990) et Blue (1993).

Il a aussi écrit la partition pour les restaurations de trois films muets : Un chant d’amour, de Jean Genet (1950), The Great White Silence, de Herbert Ponting (1924) et L’Épopée de l’Everest, du capitaine John Noel (1924). Simon Fisher Turner a reçu le prix Ivor Novello pour la bande originale de L’Épopée de l’Everest. Au côté de ses compositions pour le cinéma, Turner s’est beaucoup produit et a sorti de nombreux albums, dont le plus récent, A Quiet Corner in Time, est le fruit d’une collaboration avec l’artiste et auteur anglais Edmund de Waal.

Parkett Magazine

Jacqueline Burckhardt est cofondatrice et rédactrice de Parkett. Elle est restauratrice, historienne de l’art, critique et curatrice spécialiste de l’art in situ.
Bice Curiger est cofondatrice et rédactrice en chef de Parkett et a été curatrice
au Kunsthaus Zürich pendant 20 ans. En 2011, elle était responsable de la 54" Biennale de Venise. Elle est directrice artistique de la Fondation Vincent van Gogh Arles.

Sigmar Polke (né en 1941, à Oels, en Silésie, et mort en 2010, à Cologne, en Allemagne) est l’un des peintres les plus influents de l’après-guerre. Il a fondé le mouvement « Kapitalistischer Realismus » (« réalisme capitaliste ») avec Gerhard Richter et Konrad Fischer, en réaction au « réalisme socialiste », doctrine artistique de l’Union soviétique. Sigmar Polke a renouvelé de manière expérimentale la pein- ture, la photographie et la gravure. En soulignant l’aspect matériel des médias, il leur a redonné une vie propre. L’une des constantes de sa peinture réside dans l’exécution point par point de la trame d’impression, qu’il reproduit méticuleusement à la main, tout en versant du vernis, des pigments et des produits chimiques sur le support de l’image. Derrière l’humour et l’ouverture postmoderne, se cache l’érudition. Son travail a été présenté, notamment au musée d’Art moderne de Paris; à la Tate Modern de Londres; au MoMA; à New York; au MCA de Chicago; au Carré d’art de Nîmes ; au musée Ludwig de Cologne ; et au palais Grassi de Venise. Il a participé à trois dOCUMENTA, à Kassel, et à plusieurs Biennales de Venise.

Dieter von Graenried est éditeur de Parkett (entre 1984-1993 conjointement avec Walter Keller). Il est consultant en art et éditions et a récemment complété la numérisation de Parkett.

 

Annie Leibovitz

Annie Leibovitz commence sa carrière de photojournaliste pour Rolling Stone en 1970, alors qu’elle est encore étudiante au San Francisco Art Institute. Depuis, ses photos apparaissent régulièrement en couverture des magazines. L’ensemble de son œuvre, brillante et vaste, comprend certains des portraits les plus connus de notre époque.

La première mission importante de Leibovitz consiste à réaliser un reportage sur John Lennon. Elle devient la photographe en chef de Rolling Stone en 1973, et, lorsqu’elle quitte le magazine dix ans plus tard, elle a photographié cent quarante-deux couvertures et publié des essais photographiques sur des dizaines de sujets, notamment des comptes rendus mémorables de la démission de Richard Nixon et de la tournée des Rolling Stones de 1975.

En 1983, lorsqu’elle rejoint l’équipe du nouveau Vanity Fair, elle s’impose comme la photographe la plus en vue de la musique rock et une habile documentariste du paysage social. À Vanity Fair, et plus tard à Vogue, elle élabore un vaste ensemble de portraits — actrices, réalisateurs, écrivains, musiciennes, athlètes, personnalités du monde politique et des affaires, et photographies de mode — venant compléter son portrait de groupe de la vie contemporaine. En plus de son travail éditorial, elle crée plusieurs campagnes publicitaires influentes, dont des portraits primés pour American Express et Gap. Elle collabore également avec de nombreuses organisations artistiques. Leibovitz s’intéresse particulièrement à la danse, et, en 1990, elle documente la création du White Oak Dance Project (projet de danse du Chêne blanc) avec Mikhaïl Barychnikov et Mark Morris.

Le travail de Leibovitz a fait l’objet d’expositions dans des musées et des galeries du monde entier, dont la National Portrait Gallery et la Corcoran Gallery of Art, à Washington ; le Centre international de la photographie, à New York ; au Brooklyn Museum ; le Stedelijk Museum d’Amsterdam ; la Maison européenne de la photo- graphie, à Paris ; le campus créatif LUMA Arles, la National Portrait Gallery de Londres ; le musée d’État de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg ; et le musée des Beaux-Arts Pouchkine, à Moscou.

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