Programme des expositions 2026
« Notre programme reflète les conditions du moment présent, ses incertitudes, ses accélérations, ses profondes transformations », explique Maja Hoffmann. « À une époque définie par des développements technologiques rapides et des réalités sociales en mutation, les artistes nous permettent de ralentir, de percevoir autrement et de nous confronter à ce qui demeure souvent invisible. Nos expositions ne sont pas seulement des lieux de contemplation, mais aussi de prise de conscience critique. Elles affirment la capacité de l’art à enrichir notre compréhension, à remettre en question les récits dominants, à imaginer des formes de vie qui n’ont pas encore totalement éclos. En donnant une place centrale au son, à la performance et aux rencontres parallèlement aux expositions, nous créons des espaces où le public participe et s’implique, pour restaurer un sentiment d’immédiateté et de présence partagée, et imaginer des manières d’être ensemble. »
Maja Hoffmann
À partir du 1er mai 2026
Delta
Verena Paravel
LUMA Arles présente Delta, une commande filmique inédite de l’artiste et réalisatrice Verena Paravel, qui s’inscrit dans son projet de recherche Cosmofonia. Tournée dans l’écosystème singulier du delta du Rhône, l’œuvre explore les vies fragiles et souvent invisibles des nombreuses espèces qui peuplent les zones humides de la Camargue.
Dans Delta, Paravel aborde le paysage comme un champ dense de relations où les existences humaines et non humaines s’entremêlent. Grâce à des techniques de prise de vue innovantes et à un travail expérimental sur le son, elle crée une expérience sensorielle immersive qui décentre la perception humaine et nous ouvre à d’autres rythmes, d’autres puissances d’agir, d’autres formes de présence. Le film révèle un monde où les frontières entre espèces, corps et environnements sont poreuses, et où la vie et la mort s’inscrivent dans des processus continus de transformation.
La démarche de Paravel remet en question les hiérarchies perceptives conventionnelles et envisage le film comme un outil permettant de rencontrer d’autres manières d’être. L’image et le son deviennent des instruments d’attention, qui révèlent le delta comme un espace où coexistent des temporalités et des cycles
de vie multiples.
Avec Delta, Paravel prolonge son exploration radicale du cinéma comme moyen d’entrer en relation avec un monde pluriel et polyphonique, composé de diverses manières d’habiter la Terre. Elle affirme le film comme un médium de contact, à travers une œuvre qui transforme en profondeur les paysages sensoriels et conceptuels des pratiques contemporaines.
Overpainted Photographs
Gerhard Richter
LUMA Arles présente une exposition consacrée aux Overpainted Photographs de Gerhard Richter, l’un des ensembles les plus importants et les plus radicaux de six décennies de pratique. En intervenant directement sur des instantanés photographiques à coup de peinture à l’huile, Richter démantèle la prétendue autorité de la photographie comme enregistrement fiable du réel. L’image n’est ni tout à fait révélée ni entièrement occultée : elle devient une surface disputée où représentation et abstraction s’affrontent.
Dans ces œuvres denses, Richter soumet l’image photographique au geste, au hasard et à la matière. Les marques peintes interrompent sa fonction descriptive, la faisant basculer d’un support de preuve à un espace d’ambiguïté. Ce qui apparaît n’est plus un document, mais un événement – la révélation de la façon dont mémoire, perception et sens se construisent et se défont sans cesse.
Overpainted Photographs traverse les questions centrales de la pratique de Richter : les limites de la représentation, l’instabilité de la vérité, les conditions dans lesquelles les images façonnent la croyance. L’exposition offre une occasion rare de découvrir ces œuvres discrètes mais radicales, et d’éprouver leur pertinence durable et leur profonde influence sur le discours artistique contemporain. À une époque définie par la prolifération et la manipulation des images, les Overpainted Photographs s’imposent comme des œuvres fondamentales, qui font de l’image un lieu d’incertitude, de résistance et de transformation.
Camille Henrot, In The Veins (image extraite de la vidéo), 2026. © ADAGP Camille Henrot. Avec l'aimable autorisation de l'artiste, Mennour et Hauser & Wirth.
In the Veins
Camille Henrot
LUMA Arles présente la première européenne d’In The Veins, un nouveau film de Camille Henrot, coproduit par LUMA. Conçu comme une œuvre immersive en images animées, le film s’intéresse aux circulations invisibles qui façonnent l’expérience humaine – émotions, croyances, désirs et récits hérités qui traversent les individus et les générations, les liant à des systèmes de signification plus vastes. Henrot aborde ces forces comme à la fois intimes et systémiques, révélant comment les vies intérieures sont indissociables des structures sociales, culturelles et symboliques qui les entourent.
Avec In The Veins, Henrot réfléchit à la tendresse et au care comme conditions fondamentales mais de plus en plus fragiles, notamment dans nos relations aux enfants et au monde animal. Omniprésents dans l’univers symbolique de l’enfance, les animaux s’effacent progressivement de la vie adulte, signe d’un éloignement plus global vis-à-vis de la nature et d’une profonde dissonance culturelle. Sur fond de crise climatique, l’œuvre confronte la complexité émotionnelle de l’éducation des enfants à une époque marquée par l’incertitude, la douleur et l’anticipation.
Puisant dans l’anthropologie, la psychologie et l’écologie, Henrot envisage le care et la nature comme des processus cycliques plutôt que linéaires, remettant en question les récits dominants de progrès et de contrôle. Le film se déploie comme un espace sensoriel et réflexif où vulnérabilité et interdépendance apparaissent comme des conditions essentielles de l’existence.
Ce nouveau film marque une évolution significative dans la pratique de Camille Henrot, et confirme le rôle de LUMA Arles comme espace d’expérimentation et de production, accompagnant les artistes dans la création d’œuvres qui nous aident à nous orienter et à réimaginer un avenir commun.
100 ans de Cahiers d’Art et LUMA Arles
En 2026, Cahiers d’Art célèbre son centième anniversaire avec un programme international : expositions dans de prestigieux musées, publication jubilaire, conférences et rencontres. Ces initiatives rendent hommage à l’influence durable de la publication tout en réaffirmant son ambition fondatrice – créer un forum où dialoguent le passé, le présent et l’avenir de l’art.
Depuis sa fondation, Cahiers d’Art joue un rôle déterminant dans l’histoire intellectuelle de l’art moderne et contemporain. Ses pages ont rassemblé des personnalités de l’art, de l’écriture et de la pensée aux moments cruciaux des transformations esthétiques, façonnant la manière dont l’art moderne a été discuté, interprété et historicisé. Aujourd’hui, ses archives ne témoignent pas seulement de cette histoire : elles constituent un espace vivant à partir duquel on peut revisiter et reconsidérer le passé.
Cette perspective résonne avec l’approche du programme Archives Vivantes de LUMA Arles, qui envisage les archives non comme des dépôts inertes, mais comme des systèmes actifs qui influencent ce qui peut être mémorisé, interprété et transmis.
Les archives de Cahiers d’Art présentées à LUMA Arles révèlent les moments qui ont rendu l’art moderne et contemporain lisible, tout en mettant au jour des artistes, des idées et des géographies restées à la marge. Les revisiter, c’est se confronter aux fondements de la perception, de l’interprétation et de la valorisation de l’art. Réactivées, ces archives deviennent un lieu de découverte renouvelée, où les images oubliées, les gestes expérimentaux et les contributions négligées bousculent les récits établis et ouvrent de nouveaux horizons pour la connaissance artistique.
Archives Hans Ulrich Obrist Chapitre 6 : Zaha Hadid « Je pense que l’expérimentation ne devrait pas avoir de fin »
Zaha Hadid
Le sixième chapitre des Archives Hans Ulrich Obrist honore le dixième anniversaire de la disparition de Dame Zaha Hadid (née le 31/10/1950 à Bagdad, Irak – décédée le 31/03/2016 à Miami, Floride, États-Unis). Cette exposition revient sur le long dialogue entre le commissaire et l’architecte légendaire, qui débute à la fin des années 1990 lorsqu’Obrist invite Hadid à réaliser Meshworks à la Villa Médicis en 2000. Hadid siège au conseil d’administration de la Serpentine dès 1996 et y conçoit le Pavillon inaugural en 2000, à l’invitation de Julia Peyton-Jones. Suite à la nomination d’Obrist à la Serpentine en 2006, elle participe à plusieurs de ses Marathons et signe ultérieurement la Serpentine North Gallery en 2013.
Pour la première fois depuis 2016, l’exposition réunit ses premières peintures calligraphiques et ses carnets — exercices de géométrie suprématiste qui nourrissent ses projets bâtis, de la Caserne de pompiers Vitra (1993) à la Tour CMA CGM (2011) à Marseille ou Pierresvives (2012) à Montpellier — accompagnés d’entretiens vidéo inédits de 2001 à 2013. Présentée dans La Tour conçue par le regretté Frank Gehry, ami proche de Hadid, l’exposition déploie trois chapitres de sa carrière d’architecte : du constructivisme à ses projets et réception précoces dans le contexte français, ainsi que sa relation au long cours avec Obrist.
En étroite collaboration avec la Zaha Hadid Foundation.
In Search of Incredible
Julianknxx
LUMA Arles présente In Search of Incredible, une nouvelle exposition de Julianknxx, poète, artiste et cinéaste, né en Sierra Leone et installé à Londres, accompagnée d’une commande inédite. Travaillant à partir du film, du son et de la performance, Julianknxx a développé une pratique singulière qui fait dialoguer la poésie et l’image animée, créant des pièces où la mémoire est portée, énoncée et continuellement reformulée. Son travail s’intéresse aux résonances de la migration et de la diaspora, tissant des récits intimes à des histoires collectives, et donnant une présence à des voix et à des expériences trop souvent absentes des récits dominants.
Au centre de l’exposition, la nouvelle commande se déploie comme un environnement immersif où convergent image, son et langage. Le sentiment d’appartenance y apparaît comme quelque chose de fragile et d’actif à la fois, façonné par la transmission, l’héritage et les actes de mémoire. L’artiste aborde la narration comme un espace de rencontre, où le témoignage personnel devient le moyen de réfléchir à des questions plus larges d’identité et de continuité.
In Search of Incredible révèle la capacité de Julianknxx à créer des œuvres d’une profonde intensité, émotionnelle autant que formelle. Sa pratique pluralise la façon dont les histoires peuvent être racontées et vécues, et s’affirme comme l’une des voix les plus saisissantes de sa génération. L’exposition témoigne de l’engagement durable de LUMA Arles à soutenir les artistes qui interrogent et renouvellent notre compréhension de l’image, de l’histoire et des politiques de la voix.
Du 29 au 31 mai 2026
Histoire Environnementale V
Le symposium Histoire Environnementale explore les interactions entre les humains et le « monde naturel», en mettant l'accent sur la manière dont les entités non humaines et les écologies multi-espèces peuvent transformer la compréhension de l'action dans les récits historiques et contemporains.
Pour sa cinquième édition, le symposium interrogera le lien entre la fabrique des mythes et l’historiographie, à travers le concept de « Machines mythologiques ».
Parmi les intervenant·es figureront : Norman Ajari, Julien d’Huy, Wilfried N’Sondé, Josèfa Ntjam, Verena Paravel, Naomi Rincón-Gallardo, et bien d’autres.
À partir du 4 juillet 2026
- Amanat, Saodat Ismailova
- Bodies Never Lie, Stan Douglas
- CORRESPONDENCES, Soundwalk Collective & Patti Smith
- Offprint
- 9e édition du Prix Dior de la Photographie et des Arts Visuels pour Jeunes Talents